17/05/2026 à 16:21
J’ai aimé comme l’univers naît dans le silence : dans une explosion de lumière incapable de prévoir ses propres ruines. Mes défauts étaient des particules instables, des quarks d’orgueil et des électrons de peur gravitant dans une âme inachevée. Et chaque amour perdu devenait une expérience quantique, où le simple fait d’aimer modifiait déjà ce que j’étais en train de détruire. Il y avait entre nous des intrications invisibles. Même séparés par des années-lumière de silence, je sentais encore battre leurs cœurs dans les plis secrets de mon existence. Comme si la mécanique quantique refusait l’oubli, comme si deux êtres qui s’aiment vraiment restaient liés au-delà des distances humaines. Mais mes failles courbaient l’espace autour de moi. J’étais une gravité triste, un soleil trop lourd consumant ceux qui l’approchaient. Dans la relativité de nos sentiments, le temps ne s’écoulait jamais pareil : une minute dans leurs bras devenait un siècle dans ma mémoire, et des années sans elles n’effaçaient même pas une seconde de leur absence. Je vois encore leurs regards s’éloigner comme des galaxies dérivant vers le froid cosmique, emportant avec elles des univers possibles qui ne naîtront jamais. Peut-être que l’amour ressemble à la théorie des cordes : des vibrations minuscules, invisibles, tenant ensemble la matière et les rêves. Chaque cœur serait une fréquence, chaque baiser une résonance dans les dimensions cachées du monde. Et mes défauts, eux, désaccordaient cette musique sacrée jusqu’à briser l’harmonie des âmes qui m’aimaient. Alors je cherche encore une théorie du tout capable d’unifier la douleur et la beauté, la tendresse et la destruction, les départs et les souvenirs. Une équation impossible où la souffrance des cœurs perdus aurait enfin un sens dans l’immensité du cosmos. Car au fond, peut-être que Dieu lui-même a laissé des fissures dans l’univers pour que les hommes comprennent que même les étoiles les plus brillantes portent en elles la possibilité de s’effondrer. Et moi, voyageur perdu entre science et regrets, je dérive encore dans cet espace intérieur où flottent les visages des amours disparus, comme des constellations mortes dont la lumière continue malgré tout à traverser éternellement mon cœur.
Texte
très beau