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Face à la vitesse des générateurs d'images, la lenteur du geste redevient un acte de résistance.
Jamais nous n'avons produit et consommé autant d'images qu'aujourd'hui. Entre les réseaux sociaux, la publicité et les générateurs d'images par intelligence artificielle, l'image est devenue omniprésente, instantanée, et souvent jetable. Dans ce contexte, la pratique du dessin et de la peinture prend un sens particulier : celui d'un geste lent, réfléchi, irréductible à la vitesse ambiante.
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Un matin de 1872, Claude Monet peint le port du Havre depuis une fenêtre. Grues, mâts et cheminées se fondent dans la brume bleutée. Au premier plan, deux barques sombres glissent sur l'eau, et un petit soleil orange se reflète en touches rapides.
Présentée à Paris en 1874, lors de la première exposition du groupe, la toile est raillée par le critique Louis Leroy. Il moque des peintres qui ne livrent que des « impressions ». Le mot reste, et le mouvement le revendique.
Le soleil orange paraît éclatant, et pourtant il est presque aussi clair que le ciel gris qui l'entoure. Sur une photographie en noir et blanc, il disparaît presque. C'est le contraste des couleurs, et non celui de la lumière, qui le fait vibrer.
À voir aussi au Havre : le MuMa, face à la mer, conserve l'une des grandes collections impressionnistes de France.
Jamais nous n'avons produit et consommé autant d'images qu'aujourd'hui. Entre les réseaux sociaux, la publicité et les générateurs d'images par intelligence artificielle, l'image est devenue omniprésente, instantanée, et souvent jetable. Dans ce contexte, la pratique du dessin et de la peinture prend un sens particulier : celui d'un geste lent, réfléchi, irréductible à la vitesse ambiante.
Dessiner, c'est d'abord regarder. Avant de tracer une ligne, l'artiste observe, mesure, compare les proportions, situe une source de lumière. Ce temps d'observation, souvent invisible dans l'œuvre finie, constitue pourtant l'essentiel de l'apprentissage : il forme un œil capable de distinguer ce qui est vraiment vu de ce que l'on croit voir. Léonard de Vinci consignait déjà ce principe dans ses carnets : la maîtrise du trait ne précède jamais celle du regard, elle en découle.
La peinture prolonge cette exigence en y ajoutant la matière, la couleur, le temps de séchage, l'irréversibilité du geste. Contrairement à une image générée ou retouchée en quelques secondes, un tableau porte la trace de chaque décision, de chaque hésitation corrigée ou assumée. Une couche de glacis mal calculée, une erreur de perspective rattrapée à la dernière minute : ces accidents de parcours, invisibles pour le spectateur, façonnent pourtant la texture profonde d'une œuvre peinte.
Cette dimension du temps redonne à l'image peinte une valeur radicalement différente de celle de l'image produite en masse. Là où un générateur d'images propose des dizaines de variations en quelques secondes, sans aucune conséquence si l'une d'elles échoue, chaque coup de pinceau sur une toile engage l'artiste : il n'y a pas de bouton « annuler ». C'est précisément cette prise de risque, cette absence de filet, qui donne son poids à l'acte de peindre.
Revenir aux fondamentaux — proportions, perspective, gestion des ombres et lumières — n'est donc pas un exercice nostalgique. C'est une manière de réaffirmer ce que l'intelligence artificielle ne peut pas produire : un regard incarné, formé par la pratique répétée, et une relation directe, physique, à la matière. C'est aussi, très concrètement, ce qui distingue un artiste capable de corriger, d'ajuster, de reprendre une œuvre en fonction d'une intention précise, d'un simple utilisateur de générateur qui subit les choix esthétiques d'un algorithme qu'il ne maîtrise pas.
Diffusion Universelle propose désormais un parcours de formation structuré autour de ces fondamentaux, pensé pour les artistes qui veulent consolider leur pratique plutôt que la contourner — un choix délibéré à contre-courant de la tentation de tout déléguer à la machine.
Certaines rencontres artistiques naissent d'une passion commune plutôt que d'un calcul de carrière. C'est le cas du Duo Tipheret, formé par la soprano Jessica Naïm et le pianiste Jonathan Benichou, réunis par une fascination partagée pour l'œuvre d'Alexandre Scriabine — compositeur russe dont la musique, à la croisée du romantisme tardif et du mysticisme, continue de fasciner interprètes et musicologues.
Jessica Naïm, formée auprès de Mariam Sarkissian et titulaire d'un master de recherche en musicologie à la Sorbonne consacré précisément à Scriabine, apporte à ce duo une double compétence : celle de l'interprète et celle de la chercheuse. Jonathan Benichou, quant à lui, s'est déjà distingué par l'enregistrement de l'intégrale des Variations Goldberg de Bach, salué par la critique, et par des apparitions en soliste au Carnegie Hall.
Au-delà de la scène, ce type de collaboration illustre une dimension essentielle de la vie musicale contemporaine : la capacité à faire dialoguer recherche académique et pratique de concert, dans des lieux qui ne sont pas toujours les grandes salles institutionnelles, mais aussi des espaces culturels de proximité — une philosophie de diffusion que partage Diffusion Universelle avec les artistes qu'elle accompagne.
L'intelligence artificielle transforme profondément les pratiques artistiques contemporaines. Longtemps réservées aux laboratoires de recherche, ces technologies sont aujourd'hui utilisées par des artistes, des graphistes, des photographes, des réalisateurs et des institutions culturelles.
Les systèmes génératifs permettent de produire des images, des vidéos, des musiques et des textes à partir de simples descriptions. Cette évolution ouvre de nouvelles perspectives créatives et questionne notre rapport à l'auteur, à l'œuvre et à la création. Le précédent le plus marquant reste la vente aux enchères chez Christie's, en 2018, d'une œuvre générée par intelligence artificielle, « Portrait d'Edmond de Belamy », adjugée 432 500 dollars — un événement qui a forcé le monde de l'art à prendre au sérieux ce qui n'était jusque-là qu'une curiosité technique.
Les musées et les galeries consacrent désormais des expositions aux œuvres générées ou assistées par intelligence artificielle. Le Centre Pompidou, la Fondation Cartier ou encore le teamLab à Tokyo ont chacun exploré cette frontière, invitant le public à réfléchir à la place de la technologie dans l'acte créatif.
Au-delà des prouesses techniques, l'art génératif devient un véritable laboratoire culturel où s'inventent de nouvelles formes de narration, d'interactivité et d'expression visuelle. Certains artistes, comme Refik Anadol, ont fait de la donnée elle-même leur matière première, transformant des flux d'informations brutes en installations immersives.
La question du droit d'auteur, de l'éthique et de la propriété intellectuelle demeure cependant au cœur des débats. Les créateurs, les institutions et les entreprises cherchent aujourd'hui à définir un cadre adapté à ces nouvelles pratiques — la question de savoir si une image générée à partir du style d'un artiste vivant constitue une contrefaçon reste, à ce jour, largement non tranchée dans la plupart des juridictions.
Les médias conversationnels modifient profondément la circulation mondiale de l'information. Les outils d'intelligence artificielle permettent désormais d'accéder à des contenus personnalisés, de résumer des documents complexes et de faciliter l'analyse de grandes quantités de données.
Les rédactions hybrides associent expertise humaine et assistance algorithmique afin d'améliorer la recherche documentaire, la vérification des faits et la production de contenus éditoriaux.
Cette évolution soulève cependant des questions importantes concernant la transparence, la désinformation, la confiance dans les médias et la responsabilité des plateformes numériques. Dans ce contexte, l'esprit critique et l'éducation aux médias apparaissent plus essentiels que jamais.
La question de la conscience artificielle demeure l'un des grands débats intellectuels du XXIe siècle. Les progrès de l'intelligence artificielle invitent philosophes, chercheurs et citoyens à repenser la nature même de l'intelligence.
Les notions d'autonomie, d'intentionnalité, de responsabilité et de libre arbitre occupent une place centrale dans ces réflexions. Une machine peut-elle comprendre ce qu'elle produit ? Peut-elle développer une forme de conscience ?
L'éthique de l'intelligence artificielle est devenue un domaine majeur de recherche. Les questions liées à la justice, aux biais algorithmiques, à la vie privée et à la gouvernance des technologies sont désormais au cœur du débat public.
Les humanités numériques se situent à la rencontre des sciences humaines, des technologies et de la recherche contemporaine. Elles permettent d'explorer, d'analyser et de valoriser d'immenses ensembles de données culturelles.
Bibliothèques, archives, universités et musées utilisent aujourd'hui les technologies numériques afin de préserver le patrimoine et de faciliter l'accès aux connaissances. Des millions de documents, manuscrits, photographies et enregistrements deviennent progressivement accessibles à un public mondial.
L'intelligence artificielle contribue à cette évolution en facilitant la reconnaissance des textes et l'analyse documentaire, ouvrant de nouvelles perspectives pour la transmission du savoir.
Quatre usages concrets de l'intelligence artificielle dans un atelier, et les précautions à prendre pour chacun.
Les générateurs d'images comme Midjourney, Adobe Firefly ou Stable Diffusion permettent d'essayer en quelques minutes des cadrages, des lumières et des palettes, avant de prendre le pinceau.
Précaution : une image générée sert d'esquisse. Le droit d'auteur sur les images produites par une IA reste incertain en France.
Le remplissage génératif de Photoshop efface un reflet ou un fond encombré sur la photo d'un tableau. Les outils d'agrandissement donnent des images nettes pour un site ou un catalogue.
Précaution : la photo doit rester fidèle à l'œuvre réelle, surtout pour une vente.
Les assistants conversationnels comme Claude ou ChatGPT aident à écrire une biographie, une note d'intention ou un dossier de candidature, à partir de vos propres idées.
Précaution : relisez tout : l'outil peut inventer un fait ou une date.
On peut demander à un assistant d'expliquer une technique, une composition ou un courant artistique, comme un professeur disponible à toute heure.
Précaution : vérifiez les informations dans un livre ou auprès d'un musée.
Bonne pratique : indiquez toujours quand une IA a servi à créer ou à retoucher une image.
La physique moderne explore les lois les plus profondes de la nature. Depuis le début du XXe siècle, deux grandes théories ont révolutionné notre compréhension du réel : la relativité d'Albert Einstein et la mécanique quantique.
La relativité générale décrit l'espace, le temps, la gravitation et la structure de l'Univers à grande échelle. Elle permet d'expliquer les trous noirs, les ondes gravitationnelles — détectées pour la première fois directement en 2015 par les instruments LIGO, un siècle après leur prédiction par Einstein — et l'expansion de l'Univers observée par les astronomes.
La mécanique quantique étudie le comportement de la matière et de l'énergie à l'échelle des particules élémentaires. Elle révèle un monde où les probabilités et les phénomènes non intuitifs jouent un rôle fondamental, au point qu'Einstein lui-même refusa longtemps certaines de ses implications, résumées dans sa formule restée célèbre : « Dieu ne joue pas aux dés ».
Les physiciens cherchent aujourd'hui à unifier la relativité et la mécanique quantique. Parmi les pistes explorées figurent la théorie des cordes, portée notamment par des chercheurs comme Edward Witten, la gravitation quantique à boucles, et différentes approches visant à construire une véritable théorie du tout.
La découverte du boson de Higgs en 2012 au CERN, confirmée par les expériences ATLAS et CMS du Grand collisionneur de hadrons, a constitué une étape majeure de la physique contemporaine. Cette particule confirme l'existence du mécanisme qui confère leur masse à certaines particules élémentaires.
Au-delà des équations et des expériences, ces recherches soulèvent des questions philosophiques fascinantes : qu'est-ce que l'espace ? Qu'est-ce que le temps ? Pourquoi l'Univers existe-t-il ? Ces interrogations placent la science au cœur des grandes réflexions intellectuelles contemporaines, à la frontière avec la philosophie et, pour certains chercheurs, avec la théologie.
Les recherches contemporaines permettent de mieux comprendre l'histoire de la formation des textes bibliques et les conditions de leur transmission à travers les siècles. Grâce aux progrès de l'archéologie, de la philologie et de l'histoire des religions, les chercheurs disposent aujourd'hui d'outils permettant d'explorer avec une précision inédite les origines des traditions bibliques.
La Bible hébraïque n'est pas un ouvrage unique rédigé en une seule fois. Elle résulte d'un long processus de rédaction, de compilation et de transmission qui s'étend sur plusieurs siècles.
Les découvertes archéologiques réalisées au Proche-Orient ont profondément renouvelé notre compréhension des contextes dans lesquels ces textes ont été élaborés. Les manuscrits anciens, notamment ceux découverts dans la région de la mer Morte, offrent également des témoignages précieux sur l'évolution des traditions textuelles.
Au-delà de leur intérêt historique, ces textes continuent d'alimenter des réflexions philosophiques, culturelles et spirituelles qui traversent les générations.
Peu de chercheurs auront autant marqué l'exégèse biblique contemporaine que Thomas Römer. Professeur d'Ancien Testament à l'université de Lausanne puis titulaire, depuis 2007, de la chaire Milieux bibliques au Collège de France, il s'est imposé comme l'un des spécialistes mondiaux de la formation du Pentateuque et de l'histoire ancienne d'Israël.
Son ouvrage « L'invention de Dieu » (Seuil, 2014) retrace, à partir des sources textuelles et archéologiques, la lente évolution qui a mené d'un dieu tribal parmi d'autres à la figure du Dieu unique du monothéisme biblique — une démonstration qui a marqué durablement le grand public autant que la communauté scientifique. Dans « La première histoire d'Israël » (Labor et Fides, 2007), il interroge la construction narrative des récits fondateurs, distinguant mémoire historique et reconstruction théologique a posteriori.
Nommé administrateur du Collège de France en 2019 — fonction renouvelée depuis à trois reprises — et fait Chevalier de la Légion d'honneur, Thomas Römer incarne une exégèse qui refuse à la fois le scepticisme systématique et la lecture littérale, préférant la rigueur de la méthode historico-critique appliquée à des textes vieux de plusieurs millénaires.
Professeur au Collège de France, spécialiste internationalement reconnu de la Bible hébraïque.
Lire l'article →
Psychanalyste, philosophe et écrivain, référence de la pensée contemporaine.
Voir la rencontre →
Historien de la littérature, ancien professeur au Collège de France, spécialiste de l'humanisme européen.
Voir la conférence →Soprano et musicologue, formée auprès de Mariam Sarkissian, chercheuse à la Sorbonne sur Scriabine. Forme le Duo Tipheret avec Jonathan Benichou.
Lire l'article sur le Duo Tipheret →Pianiste concertiste et compositeur, Premier Prix du Conservatoire National Supérieur de Paris, s'est produit au Carnegie Hall.
Lire l'article sur le Duo Tipheret →Rencontre en ligne consacrée à l'identité, à la transmission et au dialogue des cultures. Plus de 200 participants.
Synagogue Copernic. Conférence consacrée à l'œuvre de Max Picard et à sa réflexion sur le silence et la spiritualité. Environ 20 participants.
Présentation des recherches contemporaines sur la formation des textes bibliques. 45 participants.
Lire l'article →Jessica Naïm (soprano) et Jonathan Benichou (pianiste), dans des lieux culturels parisiens : CIDJ, Mablab Café, Café des Psaumes.
Lire l'article →Les cours et colloques du Collège de France sont ouverts à tous, gratuitement et sans inscription, dans la limite des places. Arrivez au moins 30 minutes avant, surtout quand l'affluence est forte. Site Marcelin-Berthelot, 11 place Marcelin-Berthelot, Paris 5e.
Grand événement consacré à Michel Foucault au Collège de France : le dialogue avec ses pairs et la création des chaires.
Voir le programme et l'horaire →Trois jours qui croisent sciences du vivant, sciences humaines, littérature et histoire des religions. Forte affluence attendue.
Voir le programme et l'horaire →Le cours de l'économiste sur l'innovation et la croissance, au cœur des débats sur l'intelligence artificielle.
Voir le programme et l'horaire →Comment se sont formées la Terre et ses voisines, puis la Lune.
Voir le programme et l'horaire →La cinéaste ouvre son enseignement au Collège de France.
Voir le programme et l'horaire →Une séance autour du film de Tarkovski, en présence de l'astrophysicien et philosophe.
Voir le programme et l'horaire →Source : agenda du Collège de France. Vérifiez la date avant de vous déplacer.
Derniers titres d'Allociné, avec un lien vers chaque article. Mis à jour toutes les heures.
Apprendre à voir, à dessiner et à peindre, avec Mickaël Zaccharie Naïm, artiste peintre et infographiste. En petits groupes à Paris, ou en cours particulier.
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