Thomas Römer, ou l’histoire d’Israël relue par l’archéologie et les textes

Peu de chercheurs auront autant marqué l’exégèse biblique contemporaine que Thomas Römer. Professeur d’Ancien Testament à l’université de Lausanne puis titulaire, depuis 2007, de la chaire Milieux bibliques au Collège de France, il s’est imposé comme l’un des spécialistes mondiaux de la formation du Pentateuque et de l’histoire ancienne d’Israël.

Son ouvrage « L’invention de Dieu » (Seuil, 2014) retrace, à partir des sources textuelles et archéologiques, la lente évolution qui a mené d’un dieu tribal parmi d’autres à la figure du Dieu unique du monothéisme biblique — une démonstration qui a marqué durablement le grand public autant que la communauté scientifique. Dans « La première histoire d’Israël » (Labor et Fides, 2007), il interroge la construction narrative des récits fondateurs, distinguant mémoire historique et reconstruction théologique a posteriori.

Nommé administrateur du Collège de France en 2019 — fonction renouvelée depuis à trois reprises — et fait Chevalier de la Légion d’honneur, Thomas Römer incarne une exégèse qui refuse à la fois le scepticisme systématique et la lecture littérale, préférant la rigueur de la méthode historico-critique appliquée à des textes vieux de plusieurs millénaires.

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